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Collection Littéraire L&M Parte II — Como entrar para a Academia Francesa

O texto a seguir foi o que me convenceu a comprar o livro, é um trecho de uma peça de comédia de um dos cômicos franceses mais icônicos, Tristan Bernard. Ele foi bem famoso também por suas tiradas… aqui vão muitas delas (algumas vêm de seus personagens):

  1. Deus criou o mundo, mas é o diabo que o gerencia.
  2. Eu sou um contemplador fervoroso do esforço alheio.
  3. É curioso como o dinheiro ajuda a suportar a pobreza!
  4. Homens dão sua confiança imediatamente, mas nunca seu dinheiro.
  5. Eu estou em uma idade em que não se dá a mínima se formos cornos, mas, sim, se formos pregados.
  6. Como ele tem o pescoço muito curto, parece sempre estar levantando os ombros.
  7. A ajuda mais eficaz para um inspetor de polícia é o azar.
  8. Há somente um prazer maior do que o de se lavar: o de não se lavar.
  9. O traje do acadêmico custa muito caro, caro demais, espero que um deles que tenha o meu tamanho morra.
  10. O remorso é o melhor estimulante para não se fazer nada.
  11. Ah! queria eu ser rico, para poder vir à ajuda do pobre que sou!
  12. Mais vale não refletir de todo do que refletir demais.
  13. Vários divórcios nascem de um mal-entendido, vários casamentos também.
  14. Não há crianças tolas: somente adultos tolos.
  15. Homens são sempre sinceros. Eles só mudam o destino de suas sinceridades, só isso.
  16. Se não somos ricos o suficiente para comprar a felicidade, não devemos observá-la pela vitrine de uma loja.
  17. Um crítico é um virgem que ensinaria Don Juan como fazer amor.
  18. Para vivermos felizes com outros, nós devemos pedir somente o que eles podem dar.
  19. Pegue dinheiro emprestado de pessimistas. Eles sabem que não vão conseguir o dinheiro de volta tão cedo.
  20. Você só pode confiar em si mesmo. E, mesmo isso, eu não aconselho.
  21. Se sua esposa ri das suas piadas, ou a piada é boa, ou sua esposa é.
  22. Falência é um processo legal em que você põe o dinheiro nas calças e dá o paletó para os credores.

Fique agora com a descrição contida no livro e o texto principal, um trecho de L’Habit Vert ou O Traje Verde, uma sátira à instituição que jamais o acolheria:

Não se assuste com a barba, não é o Karl Marx, é só um vovô contando piada…

Un humoriste: Tristan Bernard

Avocat, journaliste, industriel, poète, romancier, auteur dramatique, Tristan Bernard (1866 – 1947) fut surtout un humoriste. On cite de lui une foule de bons mots, et c’est l’humour qui fait le charme de ses romans (Mémoires d’un Jeune Homme Rangé, Amants et Voleurs, Le Mari pacifique) comme de ses pièces en un, trois ou cinq actes, depuis Les Pieds nickelés (1895) jusqu’à Jules, Juliette et Julien (1929).

Aucune monotonie d’ailleurs dans ce théâtre qui compte parmi ses réussites un court vaudeville resté au répertoire, L’Anglais tel qu’on le parle (1899); une parodie «tragi-comique», L’Étrangleuse (1908); une amusante reprise du thème éternel des Ménechmes, Les Jumeaux de Brighton (1908); ou une comédie de caractère comme Monsieur Codomat (1907). Ce dernier aspect apparaissait déjà, en 1905, dans Triplepatte (en collaboration avec André Godfernaux); cette comédie de l’indécision unit sans disparate l’esprit, la fantaisie et la satire légère à une sympathie compréhensive, presque attendrie.


Le duc de Maulévrier, de l’Académie Française, a surpris le comte Hubert de Latour-Latour aux genoux de la duchesse. Mais celle-ci a une inspiration géniale: le comte la suppliait d’intervenir auprès de son mari pour que celui-ci appuie sa candidature à l’Académie! Voilà les deux amants sauvés, mais Hubert qui n’a rien ou presque rien écrit, ne saurait prendre au sérieux cette prétendue candidature. Tel n’est pas l’avis de La Duchesse; or, sa force de persuasion est grande si son langage savoureux demeure approximatif (elle est américaine); elle ne tardera donc pas à convaincre Hubert.

Hubert: Moi, à l’Académie! Cette candidature qui tombe du ciel, à laquelle personne pouvait s’attendre, moi surtout! C’est un affaire à me faire fiche de moi par tout Paris. Et, au Jockey, je n’oserai pas y reparaître. Ils vont me prendre pour un homme de lettres. C’est extrêmement désagréable. Ah! je suis joli… je suis joli…

La Duchesse: Ne soyez pas énervé.

H: Je serai blackboulé comme à mon baccalauréat!

LD: Que dites-vous? Ce n’est pas pareil. Pour le baccalauréat, on demande de savoir certaines choses…

H: Voyons, je n’ai pas l’ombre d’une chance.

LD: Vous avez. Je connais cette commerce. Je sais si bien comment se dévideront les choses…

H: Vous savez?…

LD: Sitôt votre nom jeté, les gens s’habitueront très vite, et vous encore plus vite… Alors, vous mettrez vos gants, et vous commencerez les courses… je veux dire les visites. Partout, vous serez accueilli très bien.

H, s’adoucissant: Vous croyez?

LD: Oui, parce que vous avez une bon figure. Cela est très rare, un candidat qui a une bon figure… Vous, vous sourirez dès le concierge… dès le valet qui ouvrira la porte… Vous aurez tout de suite les domestiques dans votre parti, cela est important.

H: Et après… après?

LD: Hubert, je sens: vous êtes mordu!

H: Je ne suis pas mordu, mais, enfin… continuez, continuez.

LD: Après, on vous fera entrer dans le cabinet de l’académicien…

H: Et qu’est-ce que je lui dirai, à l’académicien?…

LD: Rien du tout… Je vous connais, Hubert! Vous ne lui direz aucune chose… aucun mot… Alors, il parlera constamment de lui, et, quand vous quitterez, il pensera: « Quel charmant causeur! »

H, modestement: Oh! Il est trop gentil!

LD: Ainsi, à force de visites, de bonnes figures et de silence, vos chances feront des petits. Le soir, nous marquerons des pointages et, alors, vous commencerez de penser à votre bel habit vert.

H: L’habit?

LD: Au chapeau avec ses petites plumes frisées.

H: Le chapeau!

LD: Et à la poignée de l’épée!

H: L’épée!

LD: Enfin, un jeudi, vers une heure, vous serez dans un coin d’un petit café sur la rive gauche, blotti dans l’anxiété, attendant les résultats… A la table, à côté, je suis sûre, il y aura des petits bourgeois du quartier qui joueront les dominos et vous les regarderez stupéfait… que des gens puissent jouer les dominos dans un tel jour… Des amis feront la navette pour vous… Ils porteront les nouvelles. Premier tour: huit voix. Deuxième tour: dix voix…

H, qui prend part: Oui…

LD: Troisième tour: neuf voix.

H: Pourquoi?

LD: Parce que toujours il y a un ami qui vous lâche.

H, indigné: Je saurai qui c’est!…

LD: Quatrième tour: treize voix. Cinquième tour: dix-sept. Élu..

H: Élu!…

LD: Tout bêtement… Et, en cette moment-là, vous aurez beau faire le superbe, vous ne sourirez plus et vous penserez tout d’un coup à des choses très simples, très touchantes, un peu rococo, à votre enfance, à votre vieux maison… à votre vieux maman… et vous serez très émute; moi, je suis déjà!


Effectivement, Hubert endossera l’habit vert. Mais le jour de sa réception, une de ses lettres d’amour à la duchesse se glisse parmi les feuillets du discours que le duc doit prononcer pour l’accueillir sous la coupole: on imagine le scandale! Pourtant tout s’arrange grâce à la mansuétude de l’offensé et aux bons offices… de Président de la République. Hubert épousera sa secrétaire, filleule du Président, tandis que la duchesse s’éprend… de son mari.